Jean Michel Atlan (1913 – 1960)

A propos

« La mode en peinture fait bien plus de ravage que les sauterelles » (lettre à des amis écrite en 1959).  Peintre français marginal, Jean Michel ATLAN est mort brutalement à l’âge de 47 ans, sa carrière picturale aura duré 15 ans. Professeur de philosophie à Laval puis au lycée Condorcet à Paris, il commencera à peindre dans les années 1940 dans un esprit expressionniste abstrait, et rejoint le mouvement CoBRa en 1946. Son style s’affirme à partir de 1950, l’informe laissant la place à une organisation plastique. Sa peinture nouée, encadrée par des noirs intenses comme des vitraux, a un aspect archaïque. Rythmée et dense, un certain mysticisme émane de sa peinture. « Je ne suis pas abstrait ni du point de vue du climat de mes œuvres, ni du point de vue « exécution ». Une forme m’intéresse seulement quand elle vit (ou alors quand j’ai réussi à la faire vivre) et alors elle n’est plus abstraite : elle est vivante ! » Jean-Michel Atlan.

L’huile sur toile présentée à la vente du samedi 26 novembre 2016 à l’hôtel des ventes Saint-Aubin a été peinte 1 an avant sa disparition. Ni abstrait, ni figuratif, sa formule « mes formes sont vivantes » prend tout son sens face à cette œuvre magistrale. La couleur se fait forme, les formes ondulantes ocres et beiges sont dynamisées par l’irruption du bleu roy. Les cernes noirs, irréguliers et torturés insufflent à l’ensemble un dynamisme, la composition prend vie. Ce juif d’origine algérienne sera arrêté par les nazis en 1942, et c’est en se faisant passer pour fou qu’il échappe aux camps d’extermination. Interné à l’hôpital Sainte-Anne jusqu’à la libération en 1944, c’est en captivité qu’il apprendra à rédiger de nombreux poèmes. Cet esprit poétique s’exprime également à merveille dans cette œuvre, dont le titre « Salambô III » est une invitation à l’Orient fantasmé et idéalisé.

Ce tableau a été adjugé 82 600 € frais inclus le 26 Novembre 2016.

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Artistes